Si vous vivez sur une autre planète, l’acronyme GEO (pour Generative Engine Optimization) est le buzzword de l’année 2025-2026. Le GEO est le pendant du SEO pour les LLM ou moteurs de recherche IA (chatGPT, Perplexity, Google Gemini et Mistral, DeepSeek …).
L’acquisition de trafic se fait via une nouvelle voie depuis l’apparition des GPT et leur généralisation d’usage en 2025.
Le GEO est le nouveau graal marketing digital. Depuis un an, ce terme est apparu dans les trends Google comme le montre le schéma ci-dessous (en bleu le terme de recherche GEO et en rouge le terme de recherche SEO).

Le GEO regroupe les techniques d’optimisation qui permettront à votre site d’être cités dans les résultats des réponses fournies par les outils comme chatGPT. Ces citations ou sources vont vous apporter du trafic , un trafic souvent très qualifié. On retrouve aussi d’autres acronymes :
- AEO pour Answer Engine Optimization : l’objectif est de devenir la réponse à une requête posée sous forme de question (Comment ? Pourquoi ? Quel ? Qui ? …).
- AISO pour AI Search Optimization : un mix de GEO et de SEO à base d’IA.
- SEO LLM : actions SEO spécifiques pour les LLM (synonyme de GEO très souvent)
En résumé, cet article va détailler les points suivants :
- Les grands principes des LLM : qu’est qu’un GPT, comment il fonctionne, les grands principes techniques
- GEO versus SEO : en quoi le GEO est complémentaire du SEO, la spécificité du GEO par rapport au SEO
- Les bonnes pratiques GEO : la lisibilité, la désambiguïté, les tips les plus connus
- Les outils GEO : le découpage en grandes familles, les spécificités de chacune
En résumé, cet article essaie de recenser toutes les informations sur le GEO que j’ai pu lire à ce sujet depuis plus d’un an. Cet article sera agrémenté de liens vers les ressources les plus pertinentes que j’ai collecté à ce sujet.
Les grands principes des LLM pour la recherche sur les IA
Pour performer dans le monde de l’acquisition de trafic, il est essentiel de comprendre le mode de fonctionnement des moteurs de recherche classiques (Google Search notamment) pour le SEO et des moteurs de recherche IA (les GPTs) pour le GEO.
Je vais essayer de formuler ma compréhension des GPT sans entrer trop dans du jargonnage technique.
Comment fonctionnent les GPT (generative pre-trained transformer) ?
Les moteurs IA sont entraînés pour prédire de manière probabiliste le prochain mot dans un texte. C’est l’essence même de leur existence c’est à dire de pouvoir produire et formuler un texte. C’est une architecture de type Transformeur. Elle a été entrainée sur un grand corpus de texte qui ont été ingérés par les modèles (LLM pour Large Language Models) pour permettre de façon automatisée de générer des textes, de reformuler des textes, de traduire des textes, de classifier des textes, de résumer des textes. On peut dire que les évolutions montrent que les IA ont rapidement progressé dans ce domaine pour devenir de plus en plus spécialisées (génération de code, génération d’images et de vidéos, orchestration d’agents IA).
Cela se traduit concrètement comment ?
Un moteur LLM s’appuie sur un alignement sémantique pour un mot, un concept, une entité nommée (marque, personnalité, lieu).
Prenons un exemple simple : vous faites la recherche suivante sur chatGPT quel est la plus célèbre marque de sport ?
La réponse d’un GPT qui a ingurgité des millions voire milliards d’informations va vous fournir la liste des marques les plus connues :
- Nike où il va parler du logo (le fameux Swoosh), les icônes de la marque comme Cristiano Ronaldo ou Michael Jordan.
- Adidas dont il va préciser que sa notoriété est plus importante en Europe et dans certains sports comme le football
- Puma avec la star mondiale de l’athlétisme Usain Bolt
- Reebok
- Under Armour
Le LLM a été entraîné pour détecter la proximité sémantique voire thématique. Cette proximité est calculée sous forme de vecteur. Votre recherche est subdivisé en tokens, l’IA va faire des calculs probabilistes pour rapprocher ces tokens d’autres vecteurs (on cite souvent la notion d’embedding : l’embedding est un moyen de représenter les données sous forme de points dans un espace à N dimensions, de sorte que les points se regroupent en cluster dixit Dale Makovitz Googler) et va générer des textes à la volée qui va associer tous ces vecteurs. Et tout cela en quelques millisecondes.
La réponse des IA démontre ce qu’elles ont assimilé sur votre marque : les éléments de communication que vous maitrisez (votre site web, vos réseaux sociaux), votre communication externe (relations presse) et toutes les traces numériques qui parlent de vous et de votre marque (en bien comme en mal).
Et surtout l’IA va fournir la liste des sources qui lui ont servi pour générer sa réponse. Et c’est là où tout le GEO prend sa place.
On assiste à une bascule de la recherche d’informations sur le web : pendant des années, la porte d’entrée du web a été le moteur de recherche Google (surtout en France et quelques alternatives spécifiques par pays comme Baïdu ou Yandex). Aujourd’hui ce n’est plus le cas : une véritable alternative est apparue grâce aux GPTs et les usages se modifient laissant une place aux moteurs IA notamment grâce aux applications mobiles (lire cette passionnante étude d’une agence agence américaine Graphite à ce sujet).
Comment interpréter tout ceci pour votre site ?
Cet alignement thématique vous impose une structure sur votre site :
- Une thématique principale ciblée
- Un ensemble de sous-thèmes reliés entre eux qui élargissent la thématique principale.
- Des articles qui développent l’expertise avec des données propriétaires et des actions pour améliorer la lisibilité et la compréhension par les IA
- Des éléments d’architecture d’article à respecter afin que les IA absorbent votre contenu et s’en enrichissent (on détaillera plus loin quels éléments).
Cela ne vous rappelle rien ? Le GEO s’appuie sur les mêmes concepts que le SEO. Pour asseoir votre expertise dans un domaine, vous devez traiter le sujet sur les différentes aspects possibles tout en structurant votre contenu afin que les liaisons soient naturelles entre elles. Nous ne sommes pas si éloignés que cela des concepts de cocons sémantiques, de siloing de contenu. Saupoudrés d’une dose autorité que l’on travaille via l’EEAT qui est devenu un des facteurs incontournables du SEO ces dernières années.
GEO versus SEO
2 principes sont à peu près unanimement partagés par la communauté du référencement naturel :
- Le GEO s’appuie sur certains fondamentaux SEO (EEAT notamment). Tout ce qui est bon pour le SEO est peu ou prou bon pour le GEO.
- Un excellent SEO ne se traduit pas forcément par une performance GEO.
Le SEO reste très lié à un moteur de recherche donc à une approche basée sur le mot-clé. La formulation sur une IA est très proche du langage naturel avec des questions.
Par exemple :
- meilleure agence seo hérault : requête SEO.
- Quelle est la meilleure agence SEO de l’Hérault ? : requête GEO.
Résultat pour la requête SEO :
Les sources pour la requête GEO :
Même si l’on sait qu’avec la mise en place d’algorithme comme BERT (intégré aux outils Google depuis 2020), la recherche classique se rapproche de l’analyse IA. Mais il reste encore beaucoup de divergences.
Pour rappel, l’analogie entre les 2 processus qui me semble la plus pertinente :
- la recherche Google est plutôt un bibliothécaire : il lit, il classe, il fournit un résultat sur des éléments qui lui sont propres.
- la recherche IA est plutôt un professeur, un expert (auquel il arrive de se tromper) : il crée au fur et à mesure sa réponse en fonction de l’intrant et du contexte (et de son interprétation).
Mais une évolution radicale a eu lieu et les 2 typologies de recherche se sont rapprochées. Et la typologie hybride a fait naitre le GEO.
Le gros changement provient du fait que la réponse synthétique est toujours portée par l’IA (selon le même processus de création de texte basée sur l’embedding) mais elle cite ses sources (des liens web).
Et surtout, les premières mesures ont montré que les utilisateurs donnent beaucoup plus de crédits aux réponses fournies par l’IA qu’aux résultats fournis par Google. Si vous savez prompter de manière astucieuse, vous n’avez plus à ouvrir les 10 premiers liens Google pour trouver votre réponse.
L’IA va vous proposer une réponse structurée, argumentée et plus étoffée.
Les bonnes pratiques GEO
On va tout d’abord retrouver surtout des bonnes pratiques SEO :
- Rendre votre contenu lisible par les bots IA : tout comme il est impératif d’être indexé pour être référencé, il est primordial que vos contenus soient bien exposés et bien compris par les crawlers IA. Faire attention à votre fichier robots.txt pour ne pas bloquer le passage des crawlers IA (liste des crawlers IA). L’analyse des access log de votre site web vous informera sur l’appétence des crawlers IA pour votre site. Des choses simples : 1 seul sujet par page, des titres bien hiérarchisés, des paragraphes courts.
- Soyez identifié comme une source fiable et experte dans votre domaine : pour cela, le respect du sacro-saint EEAT est primordial. Il faut que toutes vos communications soient bien identifiables comme émanant d’une même entité nommée (personne, entreprise, association …) qui communique sur le même ton, sur les mêmes sujets et sur tous les supports de communication. Le netlinking est aussi un des leviers de citation par les IA mais il y a une différence entre le netlinking SEO et le netlinking GEO. J’y reviendrai plus tard.
- Répondre à une intention de recherche : le SEO n’est plus la pratique existante à ces débuts qui se focalisaient sur des expressions ou des mots-clés. Depuis quelques années maintenant, afin d’obtenir des bons résultats en SEO, il est nécessaire de comprendre l’intention de recherche, d’essayer d’en couvrir tous les angles. Analyser comment Google y répond (sous quelle forme en analysant la forme des premiers résultats des SERP) peut permettre de ranker.
Mais comme je l’ai dit déjà, être bien classé dans les SERP Google n’est pas une assurance d’une citation dans les GPT.
Concernant les bonnes pratiques GEO :
- Ne pas être ambiguë : les modèles IA adorent les formulations directes et extractibles. Liste à puce, définition sont des éléments appréciés par les IA.
- Les IA privilégient les contenus qui répondent vite et clairement. Résumé au début, réponse courte avant les détails, FAQ (avec le format JSON Schema), formats “Comment faire”, étapes numérotées, mode conversationnel (une question, une réponse).
- Les IA aiment encore plus les contenus frais et personnalisés : tableau avec des données personnelles, graphique, comparatif, tutoriel, glossaire, benchmark, retours d’expérience, statistiques.
- Les IA ont appris sur des wikis : privilégiez les marques, les personnes, les concepts, les lieux, les produits (les entités nommées).
- Les IA aiment les conversations : Reddit, Quora, LinkedIn font partie des sources les plus citées par les LLM. Il est sérieusement temps de se pencher sur ces plateformes pour envoyer des signaux positifs de votre marque, site ou business.
Les outils GEO
Avec l’absence d’outils de suivi gratuits du « ranking » dans les GPT (hormis Bing Webmaster Tools qui reste assez rudimentaire, on a vu émerger toute une série d’outils (en SaaS) pour suivre certains éléments spécifiques au GEO.
Que propose les outils de suivi GEO ?
- Le visibility score : en exécutant des centaines voire des milliers de prompt à intervalle régulier, ces outils peuvent vous indiquer si votre site
- Est cité dans les réponses (analyse des citations)
- En quelle position
- Dans quel contexte
- Face à quels concurrents
- Le sentiment et le framing : ces outils vont interpréter les réponses pour vous indiquer la perception de votre marque sur Internet (une sorte de e-reputation). La notion de Share of Voice vous montre aussi votre positionnement par rapport à vos concurrents.
- Certains outils aussi vont vous aider à réduire ce que l’on appelle le content-gap. Ils vont détecter ce qui manque à votre site pour émerger sur les GPT, certains allant même jusqu’à intégrer des outils pour un workflow rédactionnel (génération de brief par exemple).
- Le suivi multi-LLM : la plupart de ces outils vous propose déjà de suivre votre position GEO sur les différents GPT voire même sur les différents modèles des GPT.
Toutefois ces outils ont certaines limites :
- Les métriques ne sont pas standardisées et sont souvent peu explicitées.
- Les résultats sont instables et très changeants. Faites le test des résultats pour le même prompt par exemple sur le même GPT mais en utilisant un modèle différent. Les écarts sont parfois importants.
- Le bruit statistique : la répétition des mesures entraîne souvent cet effet.
- Le prix : les solutions les plus évoluées et performantes sont très chères surtout si vous multipliez les suivis pour différents sites / marques.
Les différents types d’outil (je livre mon sentiment lorsque j’ai eu droit à une démo – pas de lien affilié) :
- Les outils full-stack GEO :
- GetMint : l’outil le plus abouti et le plus riche fonctionnellement. Très poussé dans les fonctionnalités de workflow pour le content gap. Pour en savoir plus.
- Meteoria : un cran en dessous par rapport à GetMint mais meilleur rapport qualité / prix à mon avis.
- Les SEO / GEO hybrides (on y retrouve la plupart des grosses suites SEO qui ont des addons GEO)
- SemRush
- AhRefs
- Les outils de tracking GEO :
- Otterly
- Scrunch
Conclusion
Si vous êtes allé au bout de cet article, vous devez être un peu sur votre faim : pas de TIPs qui vont vous permettre d’être cité comme la référence par les GPT.
Mais je vous livre mon sentiment : continuez à bien travailler votre SEO en intégrant le critère d’EEAT, travailler votre personna de communicant en prenant la parole sur les différents canaux à votre disposition (blog, réseaux sociaux, YouTube, podcast, plateforme de newsletter comme Medium ou Substack). Pour moi le GEO c’est avant tout du SEO incrémenté d’une couche de communication omnicanal (c’était déjà le cas depuis un bout de temps mais cela devient indispensable).
Les IA Overviews vont bientôt arriver en France et le tsunami promis sur la fréquentation des sites va être bien présent. La présence dans les GPT va devenir impérative. Mais on risque de basculer dans un monde où le web ouvert ne sera plus qu’un leurre : en lisant cet article, on comprend mieux quel web se dessine pour demain.


