Intelligence Economique

L’intelligence économique (IE) est définie dans le rapport Martre datant de 1994 comme la gestion stratégique des informations utiles aux acteurs économiques afin de faciliter et d’optimiser la prise de décision.

Qu’est-ce que l’IE peut apporter à la PME ? Très concrètement, un processus d’IE a pour finalité de fournir de l’information aux décideurs de la PME. Cette information doit faire partie de l’objectif pour soutenir la prise de décision. En termes plus généraux, l’IE se trouve dans le cadre de la gestion de la connaissance de la compagnie, aidant l’entreprise à mieux se connaître et à mieux comprendre son environnement.

La PME connait-elle sa propre identité ? Plus que les grandes sociétés, la PME se présente elle-même souvent en termes de produit (ex : entreprises traditionnelles de meubles), de marché (ex : la construction), ou par leur situation dans une condition de concurrence (ex : en seconde position sur tel ou tel marché). Cependant, des enquêtes et études montrent que plus de la moitié des produits dans le catalogue d’une société aujourd’hui, n’ existaient pas il y a 5 ans. Du même coup, les concurrents les plus dangereux ne sont pas nécessairement ceux auxquels la société fait face aujourd’hui, mais sont souvent ceux qui viennent d’autres secteurs. En l’occurence, les changements technologiques cruciaux qui peuvent affecter un secteur surviennent par une intrusion des technologies transplantées d’autres secteurs (ex : le numérique a révolutionné l’industrie de la photographie). Il y a un danger clair si l’entreprise se considère uniquement en termes de produits ou de marchés.

La PME connaît-elle son environnement ? Selon les différents marchés, la PME peut être incluse dans différents environnements, chacun avec son propre cycle, avec un niveau de sensibilité pour la PME plus ou moins grand. En outre, la dimension spatiale de l’environnement n’est pas toujours perçue par la société. Ainsi, certaines PME ont vu l’arrivée de concurrents de pays qu’elles n’ont jamais considérés comme faisant partie de leur environnement. La connaissance de l’environnement vient également de l’identification des acteurs et des objets qui le composent. Si les catégories “traditionnelles” telles que les clients, les fournisseurs, les concurrents, les sous-traitants, sont naturellement considérées par les PME, il est rare pour elles de penser à des nouveaux types d’acteur. (ex : les sous-traitants se transformant en entrepreneurs-concurrents). Il est courant de constater que peu de PME ont annoncé une association avec un concurrent, bien que ce soit une pratique répandue dans les grandes compagnies (ex : rapprochement Air France – KLM ou constitution d’offre groupée dans les télécoms tels que GlobalOne). Leur modèle pour lire leur environnement est souvent trop rudimentaire.

L’IE semble donc être une approche qui favorise l’évolution des représentations existantes dans la société. Ces représentations sont souvent implicites, elles ne sont pas spontanément partagées (certains considéreront la rentabilité comme une donnée d’une importance considérable alors que d’ autres verront la croissance comme facteur principal), elles ne convergent pas naturellement (l’horizon chronologique d’un financier n’est pas celui d’un responsable de R&D). Les possibilités de l’IE auront pour but, donc, de favoriser l’explication de ces représentations (les rendre utilisables par la PME), et de s’assurer qu’elles sont partagées, et les rendre compatibles (sans, cependant, brouiller les différences, qui sont les sources du changement et de l’innovation). L’IE contribuera également aux représentations innovatrices déstructurant la société elle-même et par conséquent de ses environnements. L’ IE peut, notamment, aider la PME à se définir en termes de possibilités et d’expertises, plus qu’en termes de produits et marchés. Pour mener à bien ces travaux sur des représentations, la démarche d’IE doit s’appuyer essentiellement sur les ressources humaines (la motivation des directions et du personnel jouant un rôle principal), sur une organisation qui facilite la communication (c’est-à -dire qui favorise la coopération, le partage de l’expérience, le profit de la connaissance et sur ce point, les NTIC peuvent faire grandement), et en conclusion, sur les outils méthodologiques adaptés (Knowledge Management par exemple). La décision n’est pas prise spontanément, mais en raison d’un processus complet. L’IE doit aider toutes les étapes de ce processus de décision, du moment de la prise de conscience qu’il y a un problème à résoudre, à la compréhension des facteurs contribuants, à la construction d’une ou plusieurs décisions possibles, à l’adoption d’une d’entre elles, à son exécution et finalement de son évaluation. En outre, le patron de la PME prend ces décisions à chaque niveau (stratégique, tactique, opérationnel). L’IE ne doit pas se limiter seulement aux décisions stratégiques, mais doit informer toutes les prises de décisions, qu’elles soient de niveau tactique ou opérationnel. Tous ces niveaux, se recouvrent étroitement et il n’est pas rare qu’une mauvaise décision tactique ou opérationnelle mette une stratégie définie en danger. D’autre part, certaines décisions tactiques ou opérationnelles apportent avec elles, des occasions de définir de nouvelles stratégies. L’analyse des besoins est un moment privilégié pour faciliter la traduction des décisions stratégiques en décisions tactiques, puis opérationnelles. L’IE non seulement détecte mais crée également l’information. Ce travail doit être fait par la coopération entre différents membres de la PME. L’IE aide en créant les nouvelles connaissances et en appuyant l’exécution de décisions, à saisir des opportunités économiques qui peuvent se révéler comme essentielles.

Bien que les contraintes des PME soient bien connues, et en particulier la limitation de leurs ressources humaines et de leurs moyens financiers, on devrait néanmoins souligner la nécessité d’une action d’amorçage relativement peu couteuse afin d’espérer le lancement d’un processus d’IE plus conséquent. La concentration du centre de décision en un seul lieu géographique, la proximité du champ d’application (les centres de décision sont souvent sur le même site que les lieux de production), la flexibilité que les PME et leurs directeurs pratiquent constamment et dans des domaines très divers, sont également des facteurs de réussite d’une démarche d’IE. Pour aider efficacement la PME dans ce processus, nous devons entreprendre la première démarche vers elle, essayer de s’adapter à elle et de ne pas attendre l’inverse, en respectant la manière dont elles fonctionnent, leur language. En suivant une démarche semblable à celle-ci, Easy-IT réalisera une véritable oeuvre de conseil. Si la mise en place d’une telle démarche vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter.

 
 

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